Prévention du bégaiement : comment intervenir précocement ?

La période de 2 à 5 ans est la plus exposée chez l'enfant pour l'installation du bégaiement. La période de l'acquisition la plus intensive de la parole et du langage est celle qui coïncide le plus fréquemment avec l'apparition d'un bégaiement.

 

On sait qu'il existe des facteurs qui prédisposent l'enfant à développer un bégaiement (facteur génétique ,facteurs constitutionnels) , des facteurs qui précipitent la venue du trouble (facteurs déclenchants lors d'événements ou de situations de vie qui modifient le cadre de vie de l' enfant) et des facteurs qui font perdurer le trouble du bégaiement (tensions temporelles, éducatives, attitudes réactionnelles nocives de l' entourage de l' enfant).

Ces facteurs qui pérennisent sont ceux que l'on peut modifier, par un repérage et une compréhension de l'entourage et tout particulièrement avec les parents, de tout ce qui fait surcharge et déséquilibre pour un enfant.

Des attitudes favorables peuvent alors se construire ou se reconstruire et amorcent le changement chez l'enfant.

Un enfant ne bégaie qu'en présence d'autrui et c'est la qualité de l'échange dans la communication qui peut l'aider à sortir de son bégaiement.
- être avec lui dans l'échange : écouter ce qu'il dit et non comment il parle.
- être l'interlocuteur dont il a besoin : l'aider si besoin, être son partenaire et non le juge de sa parole.
- Prendre le temps nécessaire de l'échange, autour d'un livre ou d'un jeu par exemple et adapter sa parole à ce temps privilégié (phrases simples et pauses fréquentes, rythme des échanges pas précipité, parler doux utilisé par le parent).

La communication est au centre de toutes les relations humaines et est donc très importante au moment du développement du langage¬† et tout particulierement¬† pour la prévention du bégaiement.

"Papa/ maman lit un livre"


Chaque jour, à un moment de vraie disponibilité, un des parents, le père ou la mère, en alternance, propose de raconter un livre d'images.
L'Enfant choisit lui-même un livre qui lui fait plaisir, éventuellement le même pendant longtemps. (Il peut s'agir d'un ouvrage sans aucun texte.). Il le commence où il veut, par la fin s'il le désire.

Le parent raconte ce qu'il y a, ce qui se passe sur l'image, en montrant du doigt. Papa/Maman emploie un langage accessible, si nécessaire en employant des mots simples. Il utilise un ton naturel, un rythme ralenti, attentif aux possibilités articulatoires et aux capacités de l'enfant à se représenter ce qu'il écoute.

Il pose des questions et propose des réponses - sans attendre. L'enfant ne doit en aucun cas se sentir obligé de parler. Il peut se laisser seulement bercer par les mots, le récit, la voix de sa mère ou de son père. Il peut s'exprimer à tout moment et, s'il le souhaite, partager la construction du récit, mais il peut aussi choisir de rester silencieux.

Les objectifs de la lecture d'images ne sont pas d'apprendre du vocabulaire, des structures grammaticales ou de travailler l'articulation d'un mot déformé. Il s'agit bien au contraire de restaurer la valeur de l'échange comme communication, de retrouver du plaisir à être ensemble pour donner/recevoir une histoire.

(Extrait du nouveau fascicule "Bégaiement : intervention préventive précoce chez le jeune enfant" de l' Association Parole Bégaiement, destiné aux professionnels de la petite enfance et subventionné par la Direction Générale de la Santé.)

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